Quelques pistes pour la seconde dissertation en S et ES

PISTES POUR LA SECONDE DISSERTATION

 

          Vous trouverez sur cette page quelques pistes concernant la seconde dissertation, dont le sujet est, je vous le rappelle: Peut-il y avoir une bonne raison de mentir?

         

Piste 1

 

          Dans un premier temps, vous pourrez bien évidemment reprendre tout le cours vu sur Kant. En effet, la question du mensonge peut être considérée sous l'égide de l'impératif catégorique. Nous avons d'ailleurs, à l'aune de la première formulation de l'impératif catégorique, déjà penser le mensonge. Bien évidemment rien ne vous oblige à vous ranger du côté de Kant, et vous pouvez tout à fait même l'attaquer! Dans un premier temps, je vous laisse ici un texte de Kant tiré de la Critique de la Raison Pure:

 

  "Qu'on prenne un acte volontaire, par exemple un mensonge pernicieux, par lequel un homme a introduit un certain désordre dans la société, dont on recherche d'abord les raisons déterminantes, qui lui ont donné naissance, pour juger ensuite comment il peut lui être imputé avec toutes ses conséquences. Sous le premier point de vue, on pénètre le caractère empirique de cet homme jusque dans ses sources que l'on recherche dans la mauvaise éducation, dans les mauvaises fréquentations, en partie aussi dans la méchanceté d'un naturel insensible à la honte, qu'on attribue en partie à la légèreté et à l'inconsidération, sans négliger les circonstances tout à fait occasionnelles qui ont pu influer. Dans tout cela, on procède comme on le fait, en général, dans la recherche de la série des causes déterminantes d'un effet naturel donné. Or, bien que l'on croie que l'action soit déterminée par là, on n'en blâme pas moins l'auteur, et cela, non pas à cause de son mauvais naturel, non pas à cause des circonstances qui ont influé sur lui, et non pas même à cause de sa conduite passée ; car on suppose qu'on peut laisser tout à fait de côté ce qu'a été cette conduite et regarder la série écoulée des conditions comme non avenue, et cette action comme entièrement inconditionnée par rapport à l'état antérieur, comme si l'auteur commençait absolument avec elle une série de conséquences. Ce blâme se fonde sur une loi de la raison où l'on regarde celle-ci comme une cause qui a pu et a dû déterminer autrement la conduite de l'homme, indépendamment de toutes les conditions empiriques nommées. Et on n'envisage pas la causalité de la raison, pour ainsi dire, simplement comme concomitante, mais au contraire, comme complète en soi, quand même les mobiles sensibles ne seraient pas du tout en sa faveur et qu'ils lui seraient tout à fait contraires ; l'action est attribuée au caractère intelligible de l'auteur : il est entièrement coupable à l'instant où il ment ; par conséquent, malgré toutes les conditions empiriques de l'action la raison était pleinement libre, et cet acte doit être attribué entièrement à sa négligence".

Critique de la raison pure, trad. Tremesaygues & Pacaud, PUF 1980, p. 405.

 

          Mais vous pouvez reconsidérer ce texte à l'aune de la critique qu'en proposera Benjamin Constant. Je vous laisse faire vos propres recherches de ce point de vue. De même, vous pourrez retravailler le cours sur morale et prudence. Je profite de cela pour vous rappeler une chose: je n'attends pas que vous défendiez, ou que vous ne défendiez pas tel ou tel auteur. Il n'y a pas une dissertation attendue implicitement, officieusement. Faites donc comme bon vous semble!

 

PISTE 2

 

           Voici deux textes supplémentaires du même auteur, Scott Peck, qui peuvent également vous aider.

"Le mensonge peut être divisé en deux catégories: les mensonges blancs et les mensonges noirs. Un mensonge noir est délibéré: nous savons que ce que nous disons est faux. Lorsqu'il s'agit d'un mensonge blanc, ce que nous disons n'est pas faux en soi, mais tait une bonne partie de la vérité - ce qu n'est pas moins fallacieux ni plus excusable. Il peut être tout aussi destructeur qu'un mensonge noir. Un gouvernement qui cache une partie de l'information par la censure n'est pas plus démocratique qu'un gouvernement qui donne de fausses informations... En fait, parce qu'il peut apparaître moins répréhensible, le mensonge blanc est plus courant, et parce qu'il est plus difficile à détecter et à confronter, il est aussi beaucoup plus pernicieux que le mensonge noir.

     Le mensonge blanc est considéré comme socialement acceptable sous prétexte que "nous ne voulons pas faire de mal aux autres". Pourtant, nos relations sociales nous semblent, en général, superficielles. Que des parents nourrissent leurs enfant à la bouillie de mensonges blancs n'est pas seulement jugé acceptable, mais aussi affectueux et bénéfiques. Même des époux qui ont toujours eu le courage d'être francs l'un avec l'autre ont du mal à l'être avec leurs enfants... Le résultat n'est pas une protection, mais une carence... On leur supprime tout modèle d'ouverture et d'honnêteté, on leur donne à la place, des modèles de semi-honnêteté, d'ouverture partielle et de courage limité."

             Le Chemin le moins fréquenté, Scott Peck.

 

    "Les récompenses d'une vie d'honnêteté et de vérité, avec ses difficultés, valent bien ses exigences. Puisque la carte est continuellement remise en question, ceux qui l'ont choisie évoluent en permanence. Parce qu'ils sont ouverts, ils peuvent entretenir des relations plus intimes avec autrui. Parce qu'ils ne mentent pas, ils peuvent être sûrs et fiers de ne pas contribuer à la confusion du monde mais plutôt de participer à son ouverture. Et enfin, ils sont totalement libres d'exister tels qu'ils sont, sans ce besoin continuel et minant de se cacher. Ils n'ont pas besoin d'inventer de nouveaux mensonges pour protéger les précédents. Ils n'ont pas besoin de déployer d'énormes efforts pour dissimuler des traces ou pour garder leurs masques. Et puis ils savent bien que l'énergie dont ils ont besoin pour l'autodiscipline que demande l'honnêteté est bien moindre que celle exigée par le mensonge. Plus on est honnête, plus c'est facile de le devenir encore plus, et, inversement, plus on ment, plus on est entraîné dans le mensonge. Puisqu'ils sont ouverts, les gens honnêtes vivent ouvertement et, par le courage nécessaire à cette vie d'ouverture, ils se libèrent de la peur."

           Le chemin le moins fréquenté, Scott Peck 

 

Piste 3

 

         

           Une émission de Raphaël Enthoven sur le mensonge...

       

         

 


Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site