Fiche sur le libre arbitre et la critique leibnizienne

Fiche sur le libre-arbitre dans le cadre du cours sur la mort de l'homme, et la critique leibnizienne

 

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Comme nous l'avons dit, le libre-arbitre c'est lorsque la volonté humaine se détermine librement ( je vous laisse déjà le soin de vous rapporter au cours sur la volonté).

Tout d'abord, lorsqu'un agent produit une action, cette action même est le résultat d'une ou de causes antécédentes. Par exemple, Denis rate son train parce qu'il est en retard. Il est en retard parce que son réveil n'a pas sonné. Son réveil n'a pas sonné à cause d'une coupure d'électricité dans la nuit, une panne elle-même occasionnée par le mauvais temps, un mauvais temps du à … On pourrait ainsi remonter à l'infini la chaîne des causes et des effets, et comprendre dans l'autre sens que l'action de Denis n'est que la conséquence de cette chaîne: ses actions présentes et futures possibles, sont en vérité déterminées par un passé réel. En somme, tout ce qui suivra dans la journée de Denis pourra être la conséquence de cette chaîne de causalité dont on voit mal comment il pourrait se détacher. S'il avait un entretient ce matin-là, il sera de ce fait un échec, et conséquence directe d'une situation douloureuse et compliquée qui perdure. De ce fait, on peut se demander si la première personne n'est pas une illusion en ce sens que toutes mes actions seraient en vérité le fruit de causes qui me sont extérieures et qui agissent malgré moi et à travers moi. Il n'y a alors plus de sujet, et encore moins de sujet libre, mais un simple médium de l'action.

 

Or, le libre-arbitre, c'est justement et avant tout la capacité de choisir entre plusieurs possibilités sans être jamais incliné a priori vers l'une ou vers l'autre. Ainsi, j'ai le choix face à une alternative entre A et B, et dans une version radicale, je pourrai faire un choix alors que choisir A ou B m'est totalement indifférent. En d'autres termes, je ne suis pas déterminé à l'avance à opter pour A ou pour B. Deux possibilités ici:

  • Je ne sais pas ce qu'il adviendra si je choisis A ou B, et c'est ici un défaut de connaissance qui fait que je ne suis en rien déterminé (on parle alors de liberté d'indifférence négative)

  • Je sais ce qu'il adviendra: de A découlera par exemple un plus grand bien, que de B, et pourtant je peux tout de même choisir B(on parle alors de liberté d'indifférence positive). En somme, la volonté peut refuser son assentiment à ce que lui présente pourtant l'entendement comme procédant, largement même, d'un bien plus grand bien.

C'est cela même que Leibniz remet totalement en question, et ce au moins pour deux raisons. La première, c'est que la situation où le libre-arbitre apparaîtrait est proprement une fiction. En effet, selon le principe des indiscernables, il ne peut jamais exister deux objets absolument identiques. Ils doivent de ce fait toujours être discernables, c'est-à-dire se distinguer par au moins une différence (ne serait-ce que leur position spatiale pour commencer, deux objet ne pouvant occuper simultanément la même place!). Or, selon Leibniz, c'est précisément cette différence qui pourrait bien nous influencer même malgré nous.

La deuxième raison fait entrer en jeu ce que nous avons pu dire à propos de l'inconscient leibnizien. En effet, il existe des petites perceptions, soit des perceptions sans aperception, sans conscience qui les accompagne. Or, il est tout a fait possible que l'on soit déterminé à agir de ce fait par des motifs inconscients, perçu par notre âme, mais non jamais par notre conscience.

De ce fait, la question inaugurée par Leibniz a une portée considérable. On peut la reposer à l'aune des découvertes des sciences (sciences humaines ou science de la nature) sur l'inconscient. Y a-t-il encore un sujet véritable si un inconscient psychanalytique, social ou même biologique se joue de moi, et ne font de mon libre-arbitre qu'une expérience en première personne complètement illusoire? Puis-je être seulement cause première de mon action?

Ou devons-nous maintenir une version faible du même principe qu'est le libre arbitre, en disant qu'à défaut de réellement choisir, on peut au moins accepter ou refuser ces conditionnements en commençant par en prendre conscience, en faisant l'épreuve de la lucidité? Car l'inconscient se manifeste, et en rentrant dans le champ phénoménal, il devient connaissable même si rétrospectivement..

 

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