Platon: besoin et division sociale des tâches

 

          II. Platon: besoin et division sociale des tâches

 

=> texte de Platon, République, II.

 

        Nous avons évoqué que les hommes échangeaient entre eux du travail. Or, cet échange semble toujours s'effectuer au sein d'un espace propre où les hommes se trouvent réunis, un espace qu'on appelle la société. Mais comment caractériser plus précisément cet espace d'échange?

        A travers son texte, Platon nous rappelle qu'en dernière instance, la société existe parce que les hommes ont besoin les uns des autres pour satisfaire leur nombreux besoin. En d'autres termes, si les hommes n'avaient pas ou peu de besoin, ou encore s'ils étaient capable de pourvoir seul à leurs propres besoins, il n'y aurait précisément pas de société. Les hommes ne peuvent se passer de vivre ensemble et d'échanger parce qu'ils sont fondamentalement dépendants les uns des autres pour la satisfaction de leurs besoins.

        La société est donc la réponse donnée par les hommes à un problème économique, celui de l'échange et de la répartition des biens. Ce système d'entraide fait de chacun de ces acteurs ce que l'on peut appeler légitimement des associés, soit des hommes qui travaillent ensemble, s'assemblent et échangent dans le même but. On évitera ainsi de confondre société et communauté. En effet, la communauté renvoie à un lien moral, culturel, ou religieux entre ses membres. . A contrario, les hommes dans une société sont impliqués dans un système d'entraide qui ne leur impose pas pour autant une quelconque conception morale ou religieuse: nous y reviendrons.

        Quoiqu'il en soit, si le besoin est proprement le fondement de la société, et si le travail coopératif est une réponse donné à ce problème, ceci entraîne tout logiquement comme nous l'explique Platon, la répartition sociale des tâches, de la division sociale du travail. Chaque membre de la collectivité se spécialise dans une tâche particulière, il travaille pour les autres. Chacun étant spécialisé dans une tâche, le travail s'en trouve logiquement mieux fait: ceci conduit à un accroissement de la productivité globale de la société.

        Chacun, de par son métier apporte aux autres un savoir-faire qui est reconnu dans sa valeur par le fait que le travailleur reçoit un paiement par son travail. Par cette répartition des tâches, chacun obtient une identité sociale, trouve une place, une fonction ou une raison d'être au sein du large réseau social. Mais tout à la fois, en travaillant, chacun s'acquitte d'une dette fondamentale qui pèse sur chaque homme dès sa naissance, à l'égard de la société civile à laquelle il appartient. Par le véritable service social que tout travail représente et par sa participation à la production de la richesse, chacun se libère de cette dette fondamentale. Je vis grâce à la société, cette dernière assouvit un grand nombre de mes besoins: en retour, je dois combler cette dette par mon activité.

        Ainsi, chacun se spécialise et échange le produit de son travail avec les autres. Et cette spécialisation a de toute évidence un corollaire: à savoir la création de la monnaie et d'un marché.

        Nous allons tenter d'analyser ces composants essentiels de notre société à travers l'étude du système libéral et de l'économie de marché.

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